Vendredi , 24 octobre 2014
Avertissement :
François Trinh-Duc : Le pouvoir jeune

François Trinh-Duc : Le pouvoir jeune

Bien dans sa tête et dans son corps, François Trinh-Duc a toutes les cartes en main pour devenir le patron de l’équipe de France de rugby. À seulement 23 ans, le demi d’ouverture porte le maillot bleu depuis déjà deux ans. Son seul et unique but : la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande.

Comment on démarre dans le rugby ?
J’ai commencé à l’âge de 4 ans et depuis, je n’ai jamais quitté ce sport collectif. Je ne suis pas d’une famille de rugbymen. C’est juste mon grand frère qui avait envie de tenter et je l’ai suivi à l’école de rugby du Pic Saint-Loup (à 10 km de Montpellier, ndlr). Jusqu’à l’âge de 16 ans, je jouais juste pour me faire plaisir et pour la convivialité avec les copains. Je trouvais ça fabuleux, unique et je ne pensais à rien d’autre.

Il paraît que ton pote Fulgence Ouedraogo (3e ligne du XV de France) a démarré au même endroit…
Oui. J’ai commencé à 4 ans et lui à 6 ans dans la même école de rugby. Depuis, on a toujours joué ensemble. On est toujours dans le même club, à Montpellier, et même en équipe de France, on joue ensemble. Ça fait énormément plaisir. On sait d’où on vient, alors on rend souvent hommage à notre école. Ils nous ont beaucoup appris en tant que joueurs de rugby mais aussi en tant qu’hommes.

À quel moment es-tu passé aux « choses sérieuses » ?
Au Pic Saint-Loup, c’était juste une école, donc on a tous été transférés à Montpellier pour jouer dans les catégories Crabos, Reichel et Espoirs. Et puis, à 18 ans, j’ai intégré le Pôle France à Marcoussis. C’est à partir de ce moment-là que j’ai réalisé que j’avais peut-être quelque chose à faire dans le rugby pro. Je me suis dit : « Tu en as les capacités puisqu’on te met un bel outil qui est le Pôle France entre les mains, donc à toi de jouer pour devenir professionnel. »

Tes parents t’ont encouragé en ce sens ?
Mes parents, qui ne connaissent pas trop le rugby, m’ont dit : « Fonce, mais n’oublie pas les études. » Donc j’ai toujours concilié le rugby et les études. En ce moment, je passe ma licence en management du sport à la fac de Montpellier. J’ai un bac S et c’est pour avoir un diplôme bac+3. C’est en vue de ma reconversion dans quelques années.

À 23 ans, tu penses déjà à ta reconversion ?
Dans le rugby, on peut tabler sur une carrière d’à peu près dix ans. C’est court. On n’a pas les salaires des joueurs de foot, donc il faut penser à l’après-carrière. Ça permet aussi de relativiser, de penser à d’autres choses et d’avoir d’autres groupes d’amis.

Tu dois avoir un emploi du temps plutôt compliqué…
Ce n’est pas facile d’allier les deux, mais c’est de l’organisation. Des amis à la fac me récupèrent les cours et me briefent un peu avant les examens.

Tu as commencé jeune en équipe première à Montpellier. Comment vois-tu ton évolution en tant que joueur de rugby ?
On apprend tous les jours. Les sélections internationales aident beaucoup au niveau de l’expérience. Surtout à mon poste. On me demande d’être le stratège de l’équipe, de gérer l’équipe… Ça ne s’apprend pas du jour au lendemain. J’aime jouer à l’instinct, au feeling et je dois réussir à concilier deux choses : me faire plaisir, jouer, mais aussi faire avancer l’équipe et gérer un match.