Frédéric Michalak : Au-delà du stade
Joueur devenu icône, Frédéric Michalak est la force tranquille du rugby.
Il aurait voulu être footballeur, mais s’il est bien devenu un « Dieu du stade », c’est sous l’égide du ballon ovale, qui l’a consacré plusieurs fois champion de France, champion d’Europe et auteur en « bleu » de deux grands chelems. Pourtant, contrairement à l’aisance et à la facilité qu’il affiche sur le terrain, tout n’a pas toujours été simple pour Frédéric Michalak, icône du rugby et quasi seule star populaire issue de ce sport, aux côtés de son contraire esthétique, Sébastien Chabal. Ses secrets : des règles de vie rigoureuses et précises, mais surtout une philosophie qu’on pourrait résumer à « carpe diem » si elle ne s’assortissait d’un humanisme et d’un goût de l’effort hors pair.
Mi-décembre, un samedi de Coupe d’Europe, cinq clubs français
dont le vôtre, le Stade toulousain, étaient en lice. Le bilan fut sans bavure : cinq défaites. Faut-il
s’en inquiéter ?
Non. Presque tous ces clubs jouaient
à l’extérieur et deux, dont nous, ont obtenu le point de bonus défensif. Dans une année il y a toujours des périodes difficiles à gérer. L’arrivée de l’hiver surprend moins les Anglo-Saxons que les Latins. Et puis
c’est dur de gagner à Cardiff. Les Gallois
se préparent toujours parfaitement pour
ce genre de matchs.
Quinze jours plus tôt, les All Blacks avaient donné aux Bleus une véritable correction. Après les deux précédentes victoires contre eux, cette déroute n’était-elle pas alarmante ?
Elle n’a rien eu de surprenant. Les Blacks demeurent les Blacks. Un jour tu arrives
à les tenir et tu peux éventuellement passer. La fois d’après, avec un peu de crispation et pas mal de chance, tu réédites l’exploit. Mais, dans la logique, s’ils se libèrent, ils te mettent quarante points !
Oublié par Lièvremont depuis pas mal de temps, enfin rappelé avant le match test contre l’Afrique du Sud, vous n’avez finalement pas joué et avez, en une question (« Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »), livré votre état d’âme… Franchement dépité ?
Disons suffisamment pour se poser des questions ! À partir du moment où je suis appelé et où je ne joue pas, je me dis : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour ne pas avoir ma chance ? » L’important, c’est le terrain. Encore faut-il y entrer ! L’entraîneur fait ses choix, rien de plus normal. À moi de lui prouver que je mérite d’être choisi !
Là, vous faites quoi ? De la stratégie, de l’autopersuasion, de l’humilité ou de la fausse modestie ?
Sans doute un peu de… diplomatie. (Sourire.) Mais ce serait débile de réagir autrement. C’est vrai qu’il faut travailler sans cesse. Si je fais de réelles perfs
en clubs, que je me juge assez bon et que je ne suis pourtant pas rappelé, je prendrai les choses sur un autre ton !
Quand Rugbyrama.fr écrit qu’on ne vous « pardonne pas grand-chose parce que vous dégoulinez de talent », cela vous flatte ou vous titille ?
Ne croyez pas que je botte en touche mais
je ne regarde pas ce genre de sites, pas plus que la presse spécialisée ou ce qu’on dit, ailleurs, de moi. Je ne suis pas dans ce genre de réflexion. Je me dis juste que je peux et dois être un élément clé et tant mieux si on attend beaucoup de moi.
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