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Reportages - People

Bob Sinclar : "J’ai le même corps qu’il y a 15 ans."

Christophe Le Friant, alias Bob Sinclar, est aujourd’hui l’un des champions français de l’clectro. Sportif croyant et pratiquant – 3 tennis par semaine –, l’homme a conçu pour Men’s Health la compilation sport idéale. Conversation entre dancefloor et court de tennis avec l’auteur de « Born In 69 », son dernier album.

Le virus de la musique t’a piqué comment ?
Ça a commencé avec les radios libres et un show qui m’a scotché, celui d’Afrika Bambaataa avec ses danseurs, ses grapheurs… J’ai tout de suite voulu faire mes cassettes avec mes propres mix. J’ai acheté des platines puis, pour partager mon son, j’ai organisé des soirées. Et pour avoir mes propres rythmiques, j’ai acheté un peu de matos. Mais c’était un hobby, à côté de mon BTS Action commerciale. à l’époque en France, il n’y avait pas d’exemple de producteurs ayant réussi dans ce domaine.

Tu as été un pionnier de cette industrie en France ?
À part Cerrone, personne n’avait exporté de disques à l’étranger. Donc j’ai appris sur le tas, j’allais faire presser mes vinyles en Belgique et partais en Angleterre les livrer. C’était artisanal. J’étais mon gérant, mon comptable, j’ai tout fait à la main pendant des années. Grâce à mon BTS, j’avais quelques notions. Avec mon associé, j’ai trouvé 50 000 francs pour monter une SARL. De 94 à 98, on ne gagnait pas d’argent. C’était notre passion et tous les ronds qu’on faisait étaient réinvestis.

Tout explose avec le personnage Bob Sinclar… pas prévu pour durer au départ !
C’est parti d‘un personnage, un moustachu en smoking qui dansait le disco qu’on avait imaginé pour un projet. Jamais je n’aurais pensé faire un deuxième disque sous ce nom. On a vendu 400 000 cd alors que d’habitude je faisais 3 000 vinyles. Je vivais en animant des soirées. On avait de bonnes ventes sur d’autres artistes, et on a signé en distribution chez Warner. Aujourd’hui, je continue de gérer au cordeau, je n’ai pas la folie des grandeurs, j’aime générer une économie saine.

Fin de 90’s, la scène electro explose en France…
J’ai eu du succès en 97, un an après la sortie du premier Daft Punk. J’ai vécu et contribué à toute cette explosion french touch. On avait de la presse en Angleterre, il y avait Air, Cassius, Mr Oizo, Alex Gopher, étienne de Crecy… Même en France, on vendait à peu près tout, les radios et le public étaient curieux. Ceux qui restent aujourd’hui sont ceux qui avaient du talent, qui ont évolué avec leur temps, qui ont bien géré leur affaire.

Au fur et à mesure, tu as su développer ton image. La Star Ac’ y est pour beaucoup ?
Le côté DJ m’avait déjà beaucoup aidé : j’ai joué partout dans le monde des mois durant. Quand Endemol m’a appelé pour utiliser Love Generation, je ne voulais pas que ma musique soit associée à de la télé réalité. Puis je me suis dit : pourquoi refuser le succès ? La musique est faite pour fédérer, pas pour s’enterrer. Et finalement, pour mon image, ça a été très positif. Je suis le premier à être allé mixer à la Star Academy. Le grand public a vu qu’un DJ est aussi un musicien.

David Guetta, c’est ton pote ?
J’écoute tout ce que font les autres de manière à ne pas les imiter. Plus qu’une concurrence, il y a une émulation. Quand l’un réussit un truc, cela pousse l’autre à aller plus loin. Quand je vois David Guetta, on se dit bonjour, on passe un bon moment… il est même arrivé qu’on fasse de la musique ensemble.

Devient-on DJ comme on devient poète ou guitariste : pour épater les filles ?
Bien sûr. Depuis toujours, dans un groupe, celui qui est le mâle dominant attire les femmes. Dans une soirée, c’est le DJ. Mais moi, ma priorité, ça a toujours été de jouer mes titres.

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