Béatrice Rosen, la règle du jeu
Connaissez-vous Béatrice Rosen ? Hier dans “Batman, The Dark Knight” et aujourd’hui tête d’affiche du nouveau blockbuster de Roland Emmerich – “2012” –, la comédienne a quitté la France pour faire carrière Outre-Atlantique. Elle révèle son parcours et sa relation aux hommes.

À 10 ans, Béatrice Rosen avait monté une troupe pour jouer Tchekhov dans des maisons de retraite. Elle est passée
par les cases Cours Florent, publicités, photos et séries. Puis, elle a traversé l’Atlantique et y a gagné des propositions de rôles supérieurs à ce que la France lui offrait. Copine de Batman dans The Dark Knight, la voilà au centre de l’apocalypse dans le méga blockbuster de Roland Emmerich, 2012. à première vue pourtant, assise au Drugstore des Champs-Élysées, elle s’affiche au naturel, jolie blonde sans exubérance. « Je ne suis pas timide même si je ne regarde jamais mes films plus d’une fois ; je ne suis pas du genre à montrer en boucle tout ce que j’ai tourné à mes amis. » La recherche du regard des autres fait partie intégrante de son job d’actrice.
Soit. Beaucoup d’acteurs ont connu
des relations compliquées
avec leurs parents. Béatrice a vécu
un rapport difficile avec un père souvent absent. Le chapitre lacanien s’arrête là.
Le regard des hommes, de toute façon,
ne la trouble pas plus que ça. « Je ne le trouve gênant que quand ils sont
avec leurs femmes. D’une manière générale, je ne les trouve pas très discrets dans la façon de regarder. Mais moi
aussi, quand je vois passer un bel
homme – même une belle femme –, je jette un oeil. » La beauté attire l’attention. La sienne suit un régime particulier : gourmande, gâteaux et viennoiserie sont autant de tentations à repousser
chaque jour dans un métier où l’entretien s’avère primordial. Elle s’y met de manière irrégulière et… extrême. « Dans ces cas-là, je vais à la gym tous les jours. Lors
d’un film tourné à Tahiti, j’allais nager
un kilomètre et demi toutes les fins
de journée, après le tournage. »
Elle a essayé aussi la boxe – pas
les combats, juste l’entraînement.
« Ça m’a transformée en 3 semaines.
Pour avoir un beau corps, la préparation des boxeurs est fabuleuse. Saut à la corde, pompes, abdos, travail des bras. C’était
à New York, dans un cours tenu
par un militaire ; si on ne tenait pas
la cadence, on se prenait des pompes ! » L’attitude idéale pour un prof de fitness, pas forcément pour un prince charmant. Pour la séduire, pas besoin d’être digne
de la couverture de Men’s Health. Elle aime les hommes qui se maintiennent, certes, mais gare aux excès de coquetterie. « Aujourd’hui à Los Angeles, les hommes font plus attention à leur physique
que moi ! » Elle, chez un homme, elle regarde en premier… les yeux ! « J’aime beaucoup les yeux bleus. Mais au-delà
du physique – de rêve ou pas –, la personnalité fait tout. Et ce tout passe
par le sourire et le regard. »
Plus que les biceps, cette personnalité doit être solide. Prompte à l’affrontement même. La rancoeur accumulée en silence, pas son truc… « Après, quand ça explose, tu ne comprends pas. Moi, j’aime régler
les problèmes au fur et à mesure. La clef, c’est de s’exprimer en faisant la part
des choses, en mettant son émotion
de côté et en essayant d’être objectif
et rationnel. De toute façon, il n’y a pas de vérité
avec un grand V. Il faut donc faire
des compromis. »

Pas de passage en force avec elle donc, ni en autre cas d’ailleurs. « Les mecs bagarreurs, ça me fait flipper ; la violence ne règle jamais rien. » Qu’on se rassure, la virilité sera requise. Mais une virilité gentleman, presque gentiment macho, à l’ancienne. « J’aime qu’un homme soit galant, romantique. J’aime pouvoir compter sur lui, qu’il soit là, qu’il soit mon roc. » Un roc sur lequel s’appuyer, se construire plus forte, tout en restant maîtresse de son parcours. « Si je partage ma vie avec quelqu’un, je trouve ça normal d’évoquer mes choix professionnels vu
qu’il va en subir les conséquences. Mais
je ne veux pas être avec quelqu’un qui
me mette des bâtons dans les roues ;
j’ai besoin que l’homme de ma vie
me soutienne et soit dans mon camp. »
Et ce, même si elle devait voir
ses émoluments dépasser celui
de son compagnon. Dans un monde moderne, ça ne lui paraît pas un problème. Jamais un homme ne sera dévirilisé
à ses yeux pour cette raison. « Il y a
des hommes qui ont un problème avec ça et qui, eux-mêmes, se mettent la pression sur le sujet. Pourtant, il existe des métiers exigeant une performance ultime, et qui sont mal payés. Certains chercheurs sauvent des vies grâce à leurs découvertes sans gagner pour autant des millions. »
Le culte de la performance permanente n’a de toute façon pas sa place
dans son couple à elle. « J’aime les gens qui sont sûrs d’eux, mais le doute est humain ; je trouve ça touchant qu’un mec puisse avoir l’honnêteté d’avouer qu’il ne sait pas. Pour y arriver, dans une relation
ou dans une carrière, il faut une confiance en soi. Mais il arrive toujours que l’assurance fuie. C’est là qu’un couple sain doit fonctionner ; quand l’un flanche,
l’autre doit le soutenir. » Béatrice a connu la vie de couple où la compétition avait cours. Une expérience absurde. « Personne
ne peut gagner, les parcours des individus sont trop différents, incomparables. »
La comédienne est plutôt du genre
à penser que la réussite de l’un nourrira celle de l’autre ou, à défaut, le bonheur
au foyer. « Si mon homme réussit,
tant mieux. Il sera plus épanoui
et plus apte à me rendre heureuse. » Avant d’ajouter, évidemment, « et vice versa. »
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