24 Heures du Mans : Tout sur la préparation d’Olivier Panis
À 43 ans, Olivier Panis est plus que jamais un pilote de premier plan et un athlète accompli. Aujourd’hui en endurance, l’ancien pilote de formule 1 vient de disputer les 24 Heures du Mans au volant d’une Peugeot 908 du team Oreca-Matmut. Pour MensHealth.fr, le Français livre ses méthodes d’entraînement.

1/ La programme avant les 24 Heures du Mans
« Il y a eu une montée en puissance au niveau des essais en piste. C’est devenu de plus en plus tendu avec beaucoup de kilomètres car le Mans, c’est une des courses les plus difficiles au monde. On a une préparation physique un peu "basique" avec beaucoup de cardio (vélo et footing). En F1, c’était tous les jours mais là, c’est plutôt deux heures de vélo 4 fois par semaine. Et je fais pas mal de muscu pour le haut du corps. Le cou et les avant-bras souffrent beaucoup donc il faut faire des séances de muscu régulières. Bien sûr, tout ça dépend de l’emploi du temps de l’équipe au niveau des essais. »

2/ La préparation mentale
« Je ne me focalise pas là dessus. J’ai beaucoup d’expérience en course auto. Et j’en fait profiter les plus jeunes pilotes de l’équipe. C’est ce qui est sympa en endurance où on est 6 pilotes dans le team. On a des discussions et des repas tous ensemble. Le soir, Hugues de Chaunac – le boss du team Oreca-Matmut, ndlr - nous rejoint pour discuter de la course qui va arriver. C’est un sport d’équipe contrairement à la F1. L’endurance, c’est une philosophie différente, mais j’ai vraiment accroché. Je n’aurai pas imaginé ça aussi populaire et énorme. L’engouement est impressionnant. »

3/ Les différences entre la Formule 1 et l’endurance
« Il y a une différence principale avec la F1 qui est un sprint d’une heure et demi et où on se donne à fond très vite. En endurance, on fait des relais d’1h30 – 2h. Et on remonte dans la voiture toutes les quatre heures. C’est plus dur sur la longueur que la F1 mais l’effort instantané est moins violent. C’est une philosophie différente, mais c’est aussi dur. Au niveau des G qu’on peut prendre au freinage ou en virage, ça y ressemble pas mal. La Peugeot 908 va très vite en courbe, elle freine très fort. C’est la 1re fois que je trouve une similitude avec la F1. Il faut trouver la constance entre la rapidité et le fait de bien gérer sa voiture. »

4/ Musculation du cou et des jambes
« Je n’ai jamais eu trop de problèmes musculaires. Même quand j’étais en F1. J’ai toujours été le plus musclé du cou naturellement on va dire. C’était un point fort. Il n’y a pas vraiment de machine idéale qui existe pour le pilote. Le meilleur entraînement, c’est de rouler. Aucun appareil ne donne les mêmes sensations physiques que le fait de piloter une voiture de course. Par contre, tu peux te préparer avec un élastique pour muscler le cou. C’est dynamique et ça marche pas mal. Mais vraiment le meilleur sport pour la nuque c’est de rouler. La muscu des jambes est aussi très importante. La pédale de frein est très dure. Plus tu mets de pression dans la pédale et plus tu peux freiner tard. On arrive à mettre 80 bars de pression dans la pédale. Donc il faut quand même des jambes musclées. »
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